Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Bienvenue

trio.jpg

 

2014

 

 

 

Recherche

11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 05:22

      Au solstice d'été, les feuilles, allongées, se détachent facilement par simple torsion.

Autrefois, le meunier pastellier les écrasait en les mélangeant à de l'eau pour en exprimer une pulpe que les mouleurs venaient mouler à la main.

Le commerce des coques partait de cette région appelée " pays de cocagne " c'est-à-dire de richesse, en effet les pastelliers figuraient parmi les plus grandes fortunes de l'époque

Les "Cocagnes" ou "guesdes"  étaient mises à sécher durant quatre mois .

Elles devenaient dures, noires petites et ainsi plus faciles à transporter. Sous cette forme, le pigment bleu se conserve quelques mois et peut donc faire l'objet d'un commerce international.

 

bleu.jpg

 

Les cocagnes étaient ensuite écrasées au moulin et la poudre additionnée d'urine provoquait une oxydation . On obtenait ainsi une pâte qui, séchée, donnait la poudre tinctoriale, contenant de l'indigotine.

 

cuve.jpg

 

      Aujourd'hui, les techniques ont changé, les feuilles de pastel sont mélangées à l'eau. Cette phase de macération permet d'extraire l'indoxyle qui est, une fois oxydée, l'élément chimique donnant la coloration bleue. L'indoxyle est d'abord incolore. Il est oxygéné par agitation pour provoquer son oxydation. Le liquide passe alors de la couleur verte à la couleur bleue intense. Une fois l'oxydation achevée, le liquide est mis au repos et le pigment est récupéré au fond de la cuve par précipitation. Il est ensuite filtré plusieurs fois pour le purifier.

Il faut environ 1 tonne de feuilles de pastel pour produire 2 kilos de pigments.

 

transformation.jpg


Le pastel fut la seule source de teinture bleue disponible en Europe jusqu'à la fin du XVIe siècle, avant que le développement des routes commerciales vers l'Extrême Orient permette l'arrivée de l'indigo.

 

      La culture du pastel en Europe a décliné avec l'arrivée de l'indigo au 17 ème siècle. Elle a disparu presque totalement à la fin du 19ème.

À Lectoure, dans le Gers, un architecte décorateur belge, Henri Lambert, de passage dans la région, s’aperçoit que la plante a quasiment disparue. Il décide de replanter et de reproduire des teintures et des pigments de pastel.

Mission réussie, ne parle t-on pas du bleu de Lectoure que l’on retrouve partout : vêtements, bois de volet ou de charrette, peinture décorative.

 

 

utilisation.jpg

Partager cet article

Repost 0
Published by eleonor du carloy - dans flore
commenter cet article

commentaires

muse 14/06/2011 19:49


C'est superbe, comme couleur! Mais ça se mérite...


eleonor du carloy 15/06/2011 09:00



ah ça oui !



dame de choeur 12/06/2011 20:20


est-ce ce me^me pigment bleu que l'on retrouve dans les pays chauds et ensoleillés comme la grèce la crête et.......?????Passionnant ton article ...


eleonor du carloy 13/06/2011 09:21



c'est peut être plus l'indigo mais j'espère que Liza nous répondra sur le sujet !



sittelle 11/06/2011 20:17


... c'est pour cela que le bleu était si précieux et cher... les teinturiers se mariaient entre eux au Moyen Age et vivaient hors les murs; l'odeur... ça repart aussi en Picardie, la waide fait des
ateliers couleurs, mais je ne sais pas s'ils font faire pipi aux stagiaires dans les bassines ?!!!


eleonor du carloy 12/06/2011 08:46



lol



Lizagrèce 11/06/2011 08:06


1 tonne de feuilles pour 2 kgs de pigment ? ça fait quand même beaucoup !


eleonor du carloy 11/06/2011 12:35



et oui!