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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 02:48

coiffe

 

Avant la Révolution, les paysannes et les femmes du peuple n'avaient  le droit de porter ni dentelles ni de broderies. Mais pas question se sortir en cheveux, la coiffe est obligatoire.

La chevelure de la femme, considérée comme parure naturelle, et sa nuque, devaient être cachées, par pudeur et par superstition. Jour et nuit, elle porte une coiffe, un chapeau ou un bonnet.

Petits bonnets de toile plissée à l'aiguille, presque fil par fil, coiffe brodées à la main, de motifs fleuris ou des feuillages.

La richesse des coiffes atteignit son apogée vers 1880-1890.

Après 1900, les jeunes filles à porter le chapeau comme celles de la ville.

 

 

Il y avait des coiffes pour tous les moments de la vie même des coiffes de deuil, sans aucune broderie, et garnies d'un petit galon noir.

En fonction de leurs ressources, les femmes veillent à confectionner et à posséder plusieurs exemplaires, afin de les associer à des occasions ou des manifestations particulières. Longtemps, la coiffe fut une parure distincte, permettant d’attester de la richesse d’un foyer, et de son rang social.

 

coiffe

 

 

La coiffe est blanche, faite de lin ou de toile de coton la plus fine possible, garnie de dentelle en fil ou en coton fin, parfois avec un fond brodé, représente le village ou la région de celle qui la porte. La sous-coiffe confectionnée dans le même tissu, protège la tête et permet de bien maintenir les cheveux.

 

"C'est à partir de douze ans que la peau et les toisons féminines devaient être dérobées à la vue de tout un chacun, mais surtout des garçons, et cette interdiction était matérialisée le jour de la communion par le port du voile blanc qui cachait entièrement la chevelure.
Ces dispositions puritaines s'étaient installées d'elles-mêmes dès le début du siècle, en réaction sans doute contre les excès de la période révolutionnaire, où l'on avait vu des femmes débraillées et "en cheveux" dans la rue.
Aussitôt la communion faite, la chevelure des filles était considérée comme un élément de coquetterie, donc de désordre social.
Personne ne devait la voir dépeignée. Il fallait que ses cheveux fussent noués en chignon et, en dehors de sa maison, emprisonnés sous le bonnet, bonnet en batiste fine, blanche, à bords tuyautés, et noué sous le menton par deux bridons cachant les oreilles. La fille qui, volontairement ou non, laissait passer sous le bonnet quelques cheveux fous sur la nuque était très mal jugée, et, lorsque au cours d'un rigodon ou d'un travail plus animé, le bonnet se déplaçait et que, ô scandale, la chevelure se dénouait, la fille, morte de honte, s'éloignait vivement et dans un endroit discret, hors de la vue des mâles, se hâtait d'emprisonner sa chevelure dans la coiffe et de réajuster les brides. Elle hésitait longuement à reparaître aux yeux de ceux qui l'avaient vue décoiffée.
Seule pouvait être apparente la naissance des cheveux sur le front, à condition encore qu'ils fussent lisses et divisés en deux bandeaux bien "convenables", c'est-à-dire symétriques.
La plupart des enfants n'avaient jamais vu les cheveux de leur mère, ni ceux de leur grand-mère, et ils étaient tout étonnés, à l'occasion d'une maladie ou d'un accident, de voir flotter leur chevelure, souvent très belle.
Ce fut le cas d'un de mes ancêtres qui, vers l'âge de douze ans, ayant vu sa mère décoiffe, à la suite d'un malaise en plein champ, s'enfuit effrayé en hurlant "Elle a des cheveux!"
La vue des cheveux dénoués était réservée à l'époux. Pratiquement le bonnet était mis dès le lever, dans le secret de l'alcôve, à l'abri des rideaux épais du baldaquin, soigneusement tirés. Il n'était enlevé que le soir, au coucher, derrière les courtines."

 

Henri Vincenot,

 "La vie quotidienne des paysans bourguignons au temps de Lamartine"

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Published by eleonor du carloy - dans Au temps des tisserands
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commentaires

Quichottine 09/11/2012 21:41

Elles avaient trouvé de jolies parures...

Merci pour ces renseignements. Finalement, les voiles actuels n'ont pas vraiment fait pire...

Passe une douce journée. Merci à Martine, de Cergyrama, qui nous ouvre ta porte aujourd'hui.

Bises et douce soirée. Pardon de n'être pas plus présente en ce moment.

eleonor du carloy 10/11/2012 23:03



ah c'est drôle cette association avec le voile, cela fait plusieurs fois que l'on ne fait ce com ! les femmes voyaient plutot la coiffe je crois comme une parure mais qu'en sais je vraiment...



Félicie 11/10/2012 12:28

Merci pour ce bel article ....

eleonor du carloy 28/10/2012 17:06



pas de quoi



sittelle 10/10/2012 16:47

Bien plus jolies que le voile ! et pourtant même mise à l'écart des filles; hop, à gauche dans l'église, côté du Malin, les filles ! Sortir en cheveux, je me souviens de ma mère, il fallait mettre
un foulard pour aller à la messe ou l'été pour le soleil. Merci c'est un bel article Eleonor; bisous trop humides, ras le bol de ce temps

eleonor du carloy 28/10/2012 17:04



oui plus joli que le voile et plus libres aussi 



lizagrèce 10/10/2012 06:57

Les cheveux étaient cachés par pudeur et superstition peut-être mais il y avait un lien avec la religion ... D'ailleurs on entrait jamais dans une église sans être ouverte et cela a perdurer jusque
dans les années 60

eleonor du carloy 28/10/2012 17:03



et encore aujourd'hui dans certains pays !



Martine Eglantine 10/10/2012 06:54

Je n'aurais pas aimé être femme à cette époque, les musulmans aujourd'hui imposent aussi le port du voile à leurs femmes. Cela n'a pas beaucoup évolué en fin de compte pour tous. Bonne journée

eleonor du carloy 28/10/2012 17:03



hum...